Un projet d’extension, de toiture ou d’amélioration énergétique peut sembler simple jusqu’au moment où la mairie demande le bon formulaire et les bons plans. Le cerfa n°13703*08 correspond à une ancienne version de la déclaration préalable pour une maison individuelle et ses annexes. Je vous explique quelle version utiliser aujourd’hui, quels travaux sont concernés, quelles pièces préparer et comment éviter les blocages pendant l’instruction.
Le bon formulaire et les étapes à retenir avant vos travaux
- Version actuelle : le formulaire 13703*12 a remplacé l’ancienne version 13703*08.
- Travaux concernés : extension modeste, abri, carport, modification de façade, toiture, fenêtres, isolation extérieure ou panneaux solaires.
- Pièce incontournable : le plan de situation est demandé pour tous les dossiers.
- Délai habituel : la mairie dispose généralement d’un mois pour instruire une déclaration complète.
- Après accord : l’autorisation doit être affichée sur le terrain et les travaux doivent commencer dans les 3 ans.

Le formulaire recherché n’est plus la version à déposer
La référence 13703*08 désigne une ancienne édition du formulaire de déclaration préalable portant sur une maison individuelle et ses annexes. En 2026, la fiche officielle des formulaires administratifs diffuse la version 13703*12, valable depuis le 30 juin 2023. Utiliser l’ancien imprimé peut donc entraîner une demande de remplacement ou compliquer l’enregistrement du dossier.
Le document sert à déclarer des travaux qui ne nécessitent pas de permis de construire. Il ne s’agit pas d’une simple formalité fiscale ni d’une demande d’aide financière. Son objectif est de permettre à la commune de vérifier la conformité du projet avec le PLU, les règles de hauteur, les distances aux limites et l’aspect architectural du quartier.
Il ne faut pas le confondre avec le formulaire 13406, utilisé pour un permis de construire concernant une maison individuelle, ni avec le formulaire 13702, réservé à certains lotissements et divisions foncières. Le choix dépend donc à la fois de la nature des travaux et de leur importance.
Quels travaux peuvent être déclarés avec ce formulaire
La déclaration préalable concerne surtout les projets de faible importance qui modifient le volume, la surface ou l’apparence d’un bien. Pour une maison, je conseille de vérifier le règlement local avant même de dessiner les plans, car une même installation peut relever d’une simple déclaration dans une commune et d’un permis dans une autre.
| Projet | Formalité généralement applicable | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Abri, carport, pergola ou annexe de plus de 5 m² et jusqu’à 20 m² | Déclaration préalable | Surface de plancher, emprise au sol et secteur protégé |
| Extension d’une maison | Déclaration jusqu’à 20 m², ou parfois 40 m² en zone urbaine couverte par un PLU | Surface totale après travaux et seuil de 150 m² |
| Modification de toiture, fenêtres, volets ou façade | Déclaration préalable si l’aspect extérieur change | Matériaux, couleurs et règles du PLU |
| Panneaux photovoltaïques sur le toit | Déclaration préalable | Implantation, visibilité et contraintes patrimoniales |
| Construction ou extension de plus de 20 m², selon le cas | Permis de construire | Zone du PLU, surface créée et nature exacte du projet |
Les seuils de surface ne suffisent pas à eux seuls
Une annexe jusqu’à 5 m² peut être dispensée de formalité lorsqu’elle ne modifie pas l’aspect extérieur d’un bâtiment existant. En revanche, une petite installation accolée à la maison, une nouvelle ouverture ou une modification visible de la façade peut nécessiter une déclaration même si sa surface est faible.
La surface de plancher correspond aux surfaces closes et couvertes dont la hauteur sous plafond dépasse 1,80 m, après certaines déductions. L’emprise au sol représente la projection verticale du volume de la construction, avec certains débords inclus. Ces deux notions ne sont pas interchangeables, et une erreur de calcul est l’un des motifs classiques de dossier à reprendre.
Les travaux liés au confort thermique
Plusieurs travaux énergétiques entrent directement dans cette procédure lorsqu’ils changent l’apparence du bâtiment. C’est notamment le cas d’une isolation thermique par l’extérieur, du remplacement visible des fenêtres, de la pose de panneaux solaires sur une toiture ou de l’installation d’une pompe à chaleur dont le groupe extérieur est perceptible depuis l’espace public.
Le remplacement d’un équipement de chauffage à l’intérieur du logement ne nécessite pas forcément de déclaration préalable. En revanche, son unité extérieure, une nouvelle sortie en façade ou une modification de toiture peut changer la réponse. Je préfère toujours faire valider ce point par le service urbanisme avant de signer un devis, car une aide énergétique ne régularise jamais une installation non autorisée.
Constituer un dossier qui ne revient pas pour pièce manquante
Le formulaire 13703*12 ne suffit pas à lui seul. Le dossier doit montrer clairement où se trouve le terrain, ce qui existe aujourd’hui et ce qui sera visible après les travaux. Un projet techniquement bon peut perdre plusieurs semaines si les plans ne permettent pas de comprendre l’implantation ou les modifications de façade.
Les documents à préparer
- Le plan de situation DP1, demandé pour tous les projets afin de localiser la parcelle dans la commune.
- Le plan de masse DP2, nécessaire lorsqu’une construction est créée ou que le volume d’un bâtiment est modifié.
- Le plan en coupe DP3, utile lorsque le profil du terrain change, par exemple pour une piscine enterrée ou une construction en pente.
- Les plans des façades et des toitures DP4, lorsque ces éléments sont modifiés.
- La représentation de l’aspect extérieur DP5, notamment pour montrer les matériaux, les couleurs et les ouvertures.
- Les photographies et l’insertion graphique, lorsque la situation du projet ou les règles locales le justifient.
Je recommande de faire apparaître les cotes importantes directement sur les plans. Indiquez les distances aux limites séparatives, la hauteur de l’annexe, les dimensions de l’extension et la position des équipements visibles. Cette précision aide l’instructeur et réduit les échanges inutiles avec la mairie.
Les erreurs qui ralentissent le plus souvent l’instruction
- Déposer une ancienne version du formulaire ou utiliser celui d’un permis de construire.
- Oublier de représenter l’état existant avant les travaux.
- Confondre surface de plancher, emprise au sol et surface taxable.
- Ne pas signaler que le terrain se trouve dans un secteur protégé.
- Présenter une pompe à chaleur ou des panneaux solaires sans montrer leur intégration visuelle.
- Commencer les travaux avant d’avoir obtenu la non-opposition.
Déposer le dossier et suivre la décision de la mairie
Le dépôt se fait auprès de la mairie, en ligne lorsque la commune propose un téléservice, par courrier recommandé ou directement au guichet. La mairie remet un récépissé avec un numéro d’enregistrement. Conservez-le avec une copie complète du dossier et la preuve de dépôt.
Pour un dossier complet en secteur ordinaire, le délai d’instruction est généralement de 1 mois. La commune dispose aussi d’un mois pour signaler les pièces manquantes. Si le dossier est incomplet, le délai ne commence réellement qu’une fois les documents fournis, et vous disposez en principe de 3 mois pour compléter la demande.
En l’absence de réponse à la fin du délai applicable, il peut y avoir une non-opposition tacite. Je conseille toutefois de demander à la mairie un certificat de non-opposition avant de lancer un chantier important, notamment pour rassurer une banque, une assurance ou un artisan.
Dans un site patrimonial remarquable, aux abords d’un monument historique ou dans un autre secteur protégé, le délai et le nombre de dossiers peuvent être différents. Un avis de l’architecte des bâtiments de France peut aussi imposer des matériaux, des teintes ou une implantation particulière.
Lire aussi : Remplacement chaudière gaz - Quelles aides en 2026?
Après l’autorisation, l’affichage est obligatoire
Une fois la déclaration acceptée, l’autorisation doit être affichée sur le terrain avec un panneau rectangulaire de plus de 80 cm, visible depuis la voie publique. L’affichage doit rester en place pendant la durée du chantier et mentionner notamment la nature du projet, la surface autorisée, la date de décision et les informations relatives aux recours.
Cette étape est souvent négligée alors qu’elle sécurise le projet. Selon Service-Public, le recours contentieux des tiers court pendant deux mois à partir du premier jour d’une période continue d’affichage de deux mois. Gardez donc des photographies datées du panneau et de son emplacement.
Déclaration préalable, aides énergétiques et obligations fiscales
La déclaration préalable autorise un projet au regard des règles d’urbanisme, mais elle ne déclenche aucune aide à la rénovation. Pour bénéficier d’un dispositif de financement, il faut respecter ses propres conditions, qui peuvent porter sur le professionnel choisi, la performance de l’équipement, la date du devis ou l’ordre entre la demande d’aide et le début des travaux.
Pour une rénovation énergétique, je sépare toujours les deux démarches. D’un côté, je vérifie l’autorisation nécessaire pour l’aspect extérieur. De l’autre, je contrôle les critères de l’aide envisagée et je conserve les devis, factures, caractéristiques techniques et attestations de l’entreprise. Une déclaration acceptée ne garantit pas l’obtention d’une prime.
Certains projets peuvent aussi entraîner une taxe d’aménagement ou une redevance d’archéologie préventive, notamment lorsqu’ils créent une construction ou une surface nouvelle. Après l’achèvement, une déclaration fiscale peut être nécessaire dans les 90 jours pour actualiser les informations du bien et permettre le calcul des taxes concernées.
La fin du chantier demande enfin une formalité souvent oubliée. Il faut transmettre une DAACT, c’est-à-dire une déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux. Pour une construction ou certaines extensions, des attestations liées à la RE2020 ou à la réglementation thermique peuvent aussi être exigées, tandis qu’une simple rénovation énergétique d’un bâtiment existant n’impose généralement pas la même attestation.
Le contrôle final que je fais avant de lancer les travaux
Avant l’envoi, je vérifie d’abord que le projet correspond bien à une déclaration préalable et non à un permis de construire. Je contrôle ensuite la version du formulaire, le zonage du PLU, la présence éventuelle d’un secteur protégé et les deux surfaces qui comptent vraiment, la surface de plancher et l’emprise au sol.
Je m’assure aussi que les plans montrent clairement l’état actuel et l’état projeté, en particulier pour une toiture, une isolation extérieure, une pompe à chaleur ou des panneaux solaires. Cette préparation prend rarement plus d’une journée supplémentaire, mais elle peut éviter plusieurs semaines de retard.
En pratique, la bonne méthode consiste à utiliser la version actuelle 13703*12, déposer un dossier lisible auprès de la commune, attendre la non-opposition, afficher l’autorisation et conserver toutes les preuves jusqu’à la DAACT. Pour les travaux qui améliorent le chauffage ou le confort thermique, il faut mener en parallèle la vérification urbanistique et celle des aides, car ces deux règles répondent à des objectifs différents.